GRAVIERE

 

 43° 50' 08'' N - 1° 23' 47'' W

 

J’avais récupéré la vieille berline de mon père, celle qu’il ne sortait jamais de peur de tomber en panne et de devoir se lancer dans des théories mécaniques insurmontables. Les ressorts des sièges grinçaient et ça sentait bon le vieux cuir. Ce jour-là, je prenais la route tout droit vers l’océan. Ces derniers temps, la vie semblait filer. Sans moi.

Un besoin de rompre avec tout ça, de souffler un peu. Un truc simple, moi, la mer. Basta.

 

Après plusieurs bornes et quelques sursauts d’angoisse en entendant le moteur de la caisse hoqueter bruyamment, j’arrive dans les Landes, ma terre promise. La nature est étonnante par ici, sur de vastes étendues plates, des arbres sont piqués là, par petits attroupements comme enclins à rester groupés quoiqu’il arrive.

 

Plus loin, je longe une forêt insondable. J’approche du but.

Le sable apparait sur les bas-côtés, envahissant. Je me gare sur une esplanade désertique non loin des dunes qui bouchent la vue. Y a une ancienne station essence désaffectée aux couleurs fanées par le soleil et le sel.

 En cette saison, y a pas âme qui vive, on se croirait dans un de ces films allemands aux teintes grises et aux costumes trop sérieux.